Ulan Baatar

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Nous avons quitté le pays des églises orthodoxes pour celui des monastères bouddhistes et des yourtes. Le dépaysement est incroyable. capture-decran-2017-01-07-a-14-59-57
Sauf pour le froid, lui il nous colle toujours aux bask’, et se veut de plus en plus mordant. Il nous cueille à la Gare centrale d’Oulan Bator par un petit -30° C (brrrrr !!! mais pourtant on descend vers le sud !! Où sont les cocotiers ??)… Nous, on débarque de Sibérie, et pourtant, comparé à la plupart des gens sur le quai, on dirait qu’on revient d’une expédition polaire au fin fond de l’Alaska, avec nos énormes manteaux et nos multi-couches d’habits… Eux, c’est tout juste s’ils portent un cache nez. Et dire qu’on flambait en se disant qu’on s’habituait au froid, maiiiiiis oui bien sur, rêve petit homme ! Ici c’est la Mongolie, c’est le froid des vrais mecs, le froid du froid où tout est plus froid que froid !

Il est 5h du matin quand notre train arrive à la gare d’Ulan Baatar, mais ça ne manque pourtant pas d’effervescence. La cafétéria de la gare est déjà bondée. Dès le matin, les conversation vont bon train (normal on est dans une gare !!), tout le monde parle déjà très très fort… Wahouuu, une minute les gars, dès le matin vous préférez pas une petite musique douce, histoire d’émerger doucement ? Et puis en plus on ne comprend vraiment mais vraiment pas un traitre mot…laisse tomber les racines latines sur la terre gelée, mon pti’, et oublie toutes les notions de grammaire et de vocabulaire connues, ça ne te servira à rien.

En Russie encore,p1050464 on pouvait espérer se perdre un peu dans la masse humaine, mais là, plus un seul minois à l’occidentale, hormis les nôtres. Les hommes ont des visages durs et la peau tannée, et semblent avoir vécu milles épreuves et bon nombres d’hivers rigoureux. Ce sont des gaillards charpentés aux mains de géants. Certains sont vêtus des fameux « deels ». Ce manteaux est issue de la plus pure tradition nomade, de magnifiques couleurs vives, tombant jusqu’aux mollets, fourrés de peaux de moutons et tenus par une ceinture large ceinture de tissu. Coiffés d’une sorte de chapka à la mode des steppes (semblable à la chapka russe mais de forme carrée) et portant de grosses bottes montantes jusqu’a mi-jambes tout aussi bien fourrées que l’ensemble. Les femmes quand à elles sont charnues et de petite taille.  Les enfants s’accrochent à leur jambes, tout emmaillotés dans de gros manteaux, bonnets et écharpes. On entrevoit que les deux petites perles noires, leur yeux, enserrés dans la petite fente que forme leurs paupières et leurs joues rougies par le vent glacé. Autcapture-decran-2017-01-07-a-15-42-30ant dire que nous détonnons au milieu de ce tableau. Cela nous vaut pas mal de regards en coin, à peine discrets. Encore une fois, ne compte pas sur les touristes, nous sommes les seuls, il n’y en a pas d’autre, ou alors les mongols les ont mangés. Ici c’est le pays des mangeurs de viande par kilos de douze, alors sait-on jamais… L’heure est d’ailleurs, à la dégustation carnassière du petit déjeuner. Je dis dégustation mais se serait plutôt un gobage dégoulinant de viande juteuse et grasse, toute bouche ouverte, histoire que tu ne rates rien du fabuleux mécanisme qu’est la mastication humaine … âmes sensibles s’abstenir…C’est le moment de parler des rots, des reniflages muqueux et des crachats ou tu préfère que j’attende un peu ? … ok, j’attends. Nous tentons timidement l’achat d’un Coca et d’un thé au comptoir. Ici visiblement, personne n’a jamais entendu parler du concept de file d’attente plus communément appelé « queue » par nous les occidentaux. Par contre je crois qu’ils cernent bien le principe de « loi de la jungle » ( ou de la steppe en l’occurence ). Sur le parvis de la gare, les chauffeurs de taxi sont aux aguets, le froid n’altère en rien leur gouaille, ils se rient de nous quand nous tentons de mettre un terme à leurs assauts en les remerciants poliment : « bayarla ! » Visiblement la prononciation est tellement bonne qu’ils en éclatent de rire ! Désolé les mecs, mais on fait ce qu’on peut avec ce qu’on a !! … Nous rejoignons l’auberge, à pied, les monstres sur le dos, dans le froid, mais sous le soleil levant. Les trottoirs sont recouverts de glaces, on est bien loin des immenses voies piétonnes de Moscou, salées et déneigées. A peine 30 minutes que nous foulons le sol mongol, que déjà, nous comprenons que ce pays n’a pas fini de nous surprendre et de nous mettre à l’épreuve.

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Premier sapin de Noel…

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Nous prenons nos quartiers dans le Zaya Hostel, une petite auberge de jeunesse très sympathique,  au allure d’auberge espagnole. L’accueil est sympathique et les chambres également… quand on a l’habitude du voyage en troisième classe transsibérienne, toute les chambres deviennent forcément d’immense suites dans nos têtes. En plus y a l’eau chaude !! Le gérant est super prévenant, et nous aidera à acheter la suite de nos billets dans certains moments de lassitude pour décrypter l’alphabet cyrillique ou pour trouver un guichet dans cet univers sans adresse. C’est ici, que nous recroiserons, Anne Céline, rencontrée sur le Lac Baîkal qui comme nous continue son périple en Mongolie. En tout cas, si tu sais pas quoi faire de ton week end et que tu décides d’aller à UB, voila ton lieu pour crécher.

Oulan Bator, la découverte d’une mégalopole mongole :

Ca on nous avait prévenu « Vous verrez Oulan Bator c’est très vilain et pollué », « Oulan Bator, ouais non sans grand intérêt c’est gris et ça pue ! », « Oulan quoi ? » … On s’était tellement préparé à une ville aussi répulsive qu’un tue mouche, p1050740qu’au final, on est plutôt agréablement surpris. Alors oui, c’est pollué, vraiment très pollué, on ne va pas te vendre de salade là où il  ne pousse que des pommes de terre. Oui, les buildings en construction fleurissent partout. On ne te parle pas de la circulation laborieuse, des embouteillages, des klaxons incessants ni du fait que tu risques ta peau à chaque fois que tu traverse une rue, ni du délabrement des voies. La ville abrite plus de 40 % de la population du pays, c’est un peu comme si Paris comptait 30 millions d’habitants !!!  Ce qui fait de la capitale mongole la deuxième ville la plus pollué du monde ! Amis écolo je te salue, moi je suis déjà à genoux en train de pleurer toutes les larmes de mon corps … Hormis tout cela, U-B (comme les mongols l’appelle) a quand même son petit charme … Excuse moi de faire preuve d’un peu d’optimisme. On aura l’occasion de visiter le Palais d’Hiver du Bogd Khan, petite résidence du dernier roi de Mongolie (et 8ème Bouddha vivant, bref un mec de la haute quoi,…), avec ses temples aux toits de pagodes enneigées, contrastant avec les buildings autours.

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Le musée national mongole jouxte la grande place centrale Gengis Khan, ou une belle statue de ce dernier, regarde, assis, en souriant le héros national Sukhbaatar qui a obtenu l’indépendance du pays en 1921. Petit défile militaire pour fêter ça d’ailleurs. Tout autour, les bâtiments sont assez austères, avec quelques couleurs pastels sur ambiance soviétique.

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On arpente les rues en se concentrant sur les plaques de verglas. Le marché Naran Tuul (marché ou entre autre on peut s’acheter une yourte, si t’as des projets immobiliers) sera hélas fermé, mais on compensera en se perdant dans des immeubles immenses remplis de petites échoppes de vêtements (des manteaux, des bottes, des manteaux, des chaussettes, des tenues traditionnelles, des manteaux…).

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Se repérer dans la ville est aussi une belle partie de rigolade, seule les grandes avenues ont des noms, elles découpent la ville en districts… Et pour le reste, tu te débrouilles, ils sont comme ça les mongols, ils ont autre chose a faire que de nommer les ruelles et les impasses avec des noms poétiques (ou des noms tout courts )…ils préfèrent manger de la viande ! yumi yumi !! (#lesprejugéssontdesortie)

Le mongol, ce dialecte atypique :

Lorsqu’on l’a attendu pour la première fois, on a cru écouter un hériter de Salazar Serpentard parler en Fourchelangue (au cas où tu ai dormi ces vingts dernières années, il s’agit d’une référence à Harry Potter). Tout en sifflements, surtout chez les femmes, et ponctués de sons gutturaux et de claquement de langue. Un zeste envoutante, on doit te l’avouer. Mais imprononçable pour nos voutes palatines et langues de petits français comme nous. On a juste appris les bases. « Sain bai nuu » (bonjour !). Ils ont un bonjour par saison, moi je trouve ça génial, imagine, je te croise dans la rue le 15 aout « bonjour et bon été mon ami ». « Bayarlaa », le merci mongol. « Bayartaï » au revoir. Désolé de te décevoir, si tu t’attendais à plus. Pour tout le reste, on a joué les mimes Marceaux. Ce qui n’est pas toujours évident et parfois très frustrant !

Une culture Gengiskanesque :

L’histoire de la Mongolie est vieille comme Hérode img_4668( si toi non plus tu ne l’as pas connue, dit toi que c’est trés très très très … très vieux) et sanglante comme une fémorale tranchée mouhahahaha ! Pour la faire courte le conquérant mongol, héros de la nation, Gengis Khan, a de quoi renvoyer Alexandre le grand et ce bon vieux Bonaparte jouer dans leurs bacs à sable… A lui seul ( et surement quelques centaines de milliers de soldats) il a conquit un immense territoire allant de la Chine jusqu’a l’Autriche. Et ils en sont pas peu fiers… Ce qui lui a value une gloire éternelle et une immense statue sur la place principale de U-B. Et accessoirement de figurer sur tout un tas de T-shirts, tasses et produits dérivés. C’est la grande star nationale, Johnny en mode sanguinaire, présidant sur la grande place centrale de la capitale. Sacré Gengis.

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Le Nadaam, ( non non ça ne se mange pas ), on ne pourrait pas te parler de la culture mongole sans faire une parenthèse pour cette grande fête nationale, plus qu’attendue, et qui met le pays en émois. Tous les ans, en juillet (du coup, on n’y était pas), le Nadaam déchaine les passions. C’est un grand événement sportif haut en couleur avec de multiples épreuves : lutte, tir à l’arc et la course de chevaux (Nadaam signifie: les trois épreuves viriles). Les femmes peuvent uniquement participer aux tirs à l’arc. La course des chevaux, est disputée par des enfants de 5 à 13 ans… Les petits font leur premières armes à dos de chevaux, leur père leur fabriquent eux même leur première selle. De minuscules et mignons petits sièges de bois, ornés de gravures. Tous les garçons de Mongolie y ont participé dans leur enfance, un véritable rite initiatique pour devenir le parfait mongol, fier et valeureux. A la fin des festivités les grands gagnants se voient louer une gloire non modérée. Bat-Erdene (à tes souhaits ) a gagné 11 Nadaam d’affilé, ce qui lui a valu une reconnaissance éternelle et le modeste sobriquet « le titan » !!! Cette popularité l’a même mené a son élection à un haut poste politique… un peu comme si Swarzenegger devenait gouverneur de Californie ! Tu vois le délire.

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De vraies stars, ces athlètes !!!

 

Etre bouddhiste en Mongolie :

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La religion dominante est le bouddhisme qui rassemble 80% d’adeptes. 10% de la population est athée et malgré ces pourcentages plus qu’écrasant c’est ici que nous avons vu notre premier sapin et entendu nos premiers chant de Noël… Si ça, ce n’est pas exotique, je ne m’y connais pas ! Oulan Bator en abrite un des plus beaux et des plus fameux de toute la Mongolie. Avant d’y pénétrer, il te faudra affronter les hordes de pigeons poster devant la porte principale. « The birds » le come back !!!

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Passées les grandes portes de bois, on se croirait presque au Tibet… Le silence se fait. Des photos du Daila Lama accompagnent notre visite un peu partout, pendant que nous observons les moines de tout âge, vaquer à leurs occupations. Les moulins de prières virent et revirent dans l’élan d’une caresse religieuse. Les fumées d’encens s’élèvent, laissant trainer leur odeur derrières elles.

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Les moines se pressent, soulèvent les lourdes couvertures faisant office de porte avant de disparaitre à l’intérieur du temple. Les plus jeunes d’entre eux ne doivent pas avoir plus de 8 ans. Lorsque nous pénétrons dans l’antre bouddhiste, où les poêles à bois réchauffent l’atmosphère pieux du lieu, ils nous lancent des regards amusés. Visiblement, en voyant nos drôles de têtes, le recueillement et la méditation deviennent secondaire. Ils continuent à nous regarder en rigolant, pendant que leurs ainés continuent a faire résonner les mantras d’une manière mélodieuse, monocorde et envoutante. Les volutes d’encens rajoutent au mysticisme de l’ambiance.

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Au font de l’immense cour, un édifice plus haut que tous les autres, à l’ornement modeste, s’élève…il est difficile d’imaginer qu’il abrite un bouddha de plus de 18 mètres de haut, tout en dorures. Le spectacle inattendu !!

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Et la petite photo de groupe… On a essayé l’incrust, mais on s’est fait reperé… Je sais pas pourquoi. 

La gastronomie des carnivores…Ici, c’est simple, si tu ne mange pas de viande, tu risque de mourir d’une mort lente et douloureuse : LA VIANDE, LA VIANDE ET LA VIANDE ENCORE déclinée sous toutes les formes !!! Il ne fait pas bon être un mouton, une vache, un boeuf ou tout autre animal assez gros pour pouvoir servir de quatre heure !!! Après savants calculs nous en avons conclut qu’il y avait environ 13 têtes de bétail (toutes races confondues) pour seulement un habitant !! YUMMI YUMMI !!! Planquez vous les cornus!! Niveau découvertes culinaires nous avons été gâtés … dans tous les sens du termes, les plus évidents comme les plus improbables et surprenants. Bienvenue dans l’entre de la beyyyyyyteuh !!capture-decran-2017-01-07-a-14-51-33

Les Buuz, tout d’abord, très populaires, se trouvent à peu prés partout où il y a des bouches à nourrir. Ce sont des  sortes de raviolis fourrées à la viande de mouton (généralement) et cuits à la vapeur ou dans un bouillon.

Les khurshuurs, chaussons fourrés, devine à quoi ? … à la viande de mouton ( pour changer ) et fris à la graisse de lait ( celluliiiite te voiiiilàà !!!)

Mais aussi viande en steak, viande froide, viande sechées, viande bouillie, viande matin, midi et soir… On était assez étonné de ne pas en trouver dans les desserts.

Tout bon mongol qui se respecte, prônera les valeurs nutritionnelles du lait, tu le sais bien… « les produits laitiers sont nos amis pour la vie »… et c’est au combiiien vérifiable ici !! Tous les pis sont bons à traire : vaches, juments, chèvres, toutes lescapture-decran-2017-01-07-a-14-58-47mamelles sont les biens venues…On s’est même risqué à tremper nos lèvres dans du lait de chameau…Très amer et très imbuvable pour nos papilles de non initiés !!! Une expérience à vivre au moins une fois dans sa vie !! Avec le lait, de nombreuses spécialités sont réalisées. Le lait de jument fermenté, donne un très fameux spiritueux appelé Airag. La crème du lait, grasse à souhait est utilisée pour réaliser des petites friandises dures et sucrées, les hoormogs. Mais aussi du orum sorte de pâte à tartiner crémeuse que l’on étale sur du pain !! Ton corps te remerciera pour ça !!! Le Süütei tsai est le thé traditionnel : mélange de lait et de thé noir et salé, un vrai régal !!!!  Ce thé, bien plus riche que ce bon vieux earl grey, est servi à toute heure de la journée, toujours accompagné de « boorsogs » (petits gâteaux à base de pâte frit) et de biscuits secs.

Niveau légumes c’est pas fou, fou, hein !! Tu t’en doute bien !! On trouve quelques pommes de terre, des carottes et surtout du chou, mais on doit bien l’avouer ils en font des soupes délicieuses…dans lesquelles tu ne manqueras pas de retrouver quelques morceaux de barbaque bien entendu !!

Pour bien finir le repas et faire descendre tout cela… quelques shots de vodka mongole t’aiderons surement…et rendrons ton endormissement beaucoup plus facile !!! Tu tomberas comme une grosse pierre, on te le garanti !! Ensuite, il sera temps de continuer le périple vers la Mongolie plus sauvage car on au prochain épisode, on t’emmènes dans les steppes !!!

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