Pingyao

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Notre trépidante aventure nous a, déjà, permis de parcourir plus de 10 000 kilomètres. Pas étonnant, qu’a l’évocation ce bilan à quatre zéro, chaque parcelle de notre corps, villosités intestinales comprises, réclament le repos.

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Les épaules sont cuites, les pieds sont lessivés, les genoux sont rongés par l’usure… bref nous sommes comme un bon vieux meuble Ikéa : EN KIT !!

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Hellooooo Pingyao enfin … Ni Hao !

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Petite bourgade de 500 mille habitant ( et oui on est passé en dessous de la barre des un millons de chinois… et nous et nous et nous) dans la province du Shanxi.

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Très sympathique petite ville fortifiée et classée au patrimoine mooooondial de l’UNESCO, Pingyao est selon les dires locaux : ce qu’aurait été le reste de la Chine si elle n’avait pas connu la guerre, la famine, le communisme, le 2O ém siècle… et Jackie Chan…

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Mais avec des « SI« , j’ai envie de te dire qu’on mettrait Paris en bouteille, Non ?!!

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Pour nous, Pingyao ou « Confins Calmes » en chichi, en chinois, c’est, tu l’auras bien compris, l’excuse parfaite au « rien foutage« .

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Pas de hautes montagnes environnantes propices à la gravitude pédestres ni de sites archéolo-logiques  ou pas a aller explorer… non rien… rien de rien !!!

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Certes « la place d’un voyageur est sur la route » ( comme les vrais seront te le faire remarquer ).

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Mais, le repos est parfois bien mérité et méritable… c’est vrai, même Dieu s’est reposé le 7éme jour…

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Alors voilà !!!

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Notre sympathique auberge de jeunesse accessible se trouve dans l’arrière cour d’un restaurant, aprés 30 bonnes minutes de marche , le tout sous le poids de plus en plus écrasant des monstres.

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Et miracle miraculeux, elle possède une connexion Wifi qui marche !!! ouiiiiiii ! On n’avait pas abordé le sujet épineux de la connexion internet depuis le début de notre arrivée en Chine, me semble t’il !!?

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Ben l’occasion est toute troouvée. Alors voilà saches le si tu dois partir à la conquête de l’empire du milieu : internet c’est comme le Graal, on le cherche toujours !! Ce bon vieux gouvernement chinois à l’esprit à peine empoussiéré bloque les adresses IP des ordi venus d’outre terres … good bye FACEBOOK, WHAT APP’, SKYPE and CO… Seule parade le Brouilleur d’adresse IP, j’ai nommé le VPN !! Qui fonctionne comme un âne corse…c’est à dire qu’il marche quand il veux !!! Mais là, étrangement, il fonctionne !!!! Hallejuha comme dirait Whoopi Goldberg. TICKET TO reprise de contact avec les gens qu’on aime et qui nous aimes et étrangement, il ne s’agit pas que de nos mères !! Qu’est ce que tu crois !!??

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Deux jours de dépressurisation et de repos avant de poursuivre notre route à la rencontre des montagnes sacrées.

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Avec un programme hyper chargé : flânage dans les ruelles, dégustation de saké local, de sauce soja cause de fabrication locale, farfouillage sur les petits stands des antiquaires, découvertes des spécialités culinaires du Shanxi…

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On bulle et on s’émerveille de tout et surtout des chaussures colorées très à la mode ici … car la fashion police ne sévi pas ici ou a tout simplement des normes différentes !

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Si on n’était des mauvaises langues, on dirait qu’on est aussi actif qu’un groupe du 3 éme âge… sauf qu’on évite les magasins de souvenirs et les cours d’aqua-gym, parce que quand même il ne faut pas déconner… Aller Saluuut !!

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Datong

Retour à nos premiers amours, j’ai nommé, les voyages en train ! Ha ça !! on en aura petit déjeuner, déjeuner, souper et diner des voyage en train. Mais quand on aime, on ne compte plus les heures, ni les jours et encore mois les tours de roues. On ne pourra pas dire qu’on n’en aura pas usé des kilomètres de rails depuis notre départ de la ville Rose, il y a plus d’un mois maintenant (en réalité beaucoup plus !! mais on a pris un sérieux retard blogistique faute de vie trop remplie )

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Nous quittons, donc, Pékin direction Datong. Cette fois ci nous voyageons en classe « K », c’est comme la 3em classe les couchettes en moins…  pour te donner une idée, ça se rapproche de la 2em classe du mythique TER intercité, mais dans une version un peu plus boite à sardine à l’huile d’olive hydrogénée.serrees-comme-des-sardines-en-boite

Je crois qu’on commence à se faire à l’idée que de toute façon, vu la démographie chinoise nous ne serons forcément jamais très seul ici, et toujours plus ou moins collé à l’aisselle de quelqu’un.

Le prix du billet vaut largement tes huit petites heures d’inconfort, même si ton dos et ton coccyx t’en voudront à vie pour toujours. Nous voyageons pour moins de 7euros. Même à l’époque antérieure à nos 26 printemps et à notre statut d’étudiant, on n’aurait pas fait mieux !!

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Gare bondée, wagon bondé, compartiment à bagage bondé… la Chine n’aime pas le vide c’est un fait dorénavant établi … il faut jouer de tes petits coudes pour te frayer un passage dans la masse humaine jusqu’a ta place et imposer ton stayl’. Le voyage pourra alors commencer sous les meilleurs hospices : allées et venues incessantes des voyageurs, coups de sacs dans les épaules et la figure, je t’en passe et des meilleures encore.

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C’est l’ocass’ de découvrir de l’existence de la classe « L » ou la classe des warriors, ceux qui sont capables de rester debout des heures dans l’allée centrale collé comme la meilleure super glue ne saura jamais faire, pour payer leur billet encore moins cher !  Mention spéciale avec la palme du plus grand briseur de bijoux de famille est de loin décernée au petit vendeur de fruits à la voix de crécelle qu’on en plus envie de payer pour qu’il la boucle plûtot que pour ces kumkats et ces nashis (tu peux reprendre ton souffle cette phrase était trés longue )…

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Le chinois est une personne bruyante tu l’auras bien imprimé mais une autre particularité jusque là ignorée, c’est sa grande curiosité qui vire parfois à l’invasion indésirable de ton espace personnel. Les voyageurs ne se gênent pas pour nous observer allègrement et avec insistance, nous prendre en photo, s’asseoir tout prés de nous et se coller à l’écran de notre ordinateur pour voir ce que nous trafiquons, leur jeux favori reste encore de nous observer manger… la mastication bouche fermée est visiblement trés exotique pour eux !! Parole de ruminant !!

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Datong City :

Datong est une « petite ville chinoise », là il faut que tu comprenne par tes propres moyens que c’est juste parce qu’elle ne compte que 3 318 054 habitants et nous !! Rien de pittoresque sinon, pas de boeuf tiré par des charrues ou de magnifiques étangs remplis de carpe khoi… mais du bon vieux béton, des buildings, du néon haute consommation et des voitures a ne plus s’avoir qu’en faire avec les klaxons qui vont avec… Welcome to Datong.

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L’instant câlin avec le petit chat de l’auberge !!

« Fast Furious and Oignon » :

Comme on te l’a dit nous ne sommes pas venu ici pour les charmes d’une énième mégalopole chinoise, mais plutôt pour les beautés que renferment les campagnes avoisinantes.

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De l’extérieur la conduite chinoise est un concept. De l’intérieur elle devient un effrayant concept. Notre chauffeur, spécialement recommandé par notre auberge de jeunesse, nous attend en bas de l’immeuble, clope au bec, l’air renfrogné… au programme journée chargée… L’intérieur de l’habitacle sent l’oignon et le tabac froid, on se saucissonne à l’intérieur avec Barth et Teys, deux sympatiques et fringuants hollandais rencontrés quelques jours plus tôt et dont la compagnie nous ai plutot agréable.

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La voiture démarre, chauffeur conduit vite, double sur la ligne blanche, klaxonne, pile pour ne pas se faire flasher par les radars … ça s’annonce pas mal !! 8h du mat’ et déjà le petit déj’ veux se faire la malle. Au bout de quelques kilomètres et quelques frayeurs nous nous apercevons qu’il est tout bonnement entrain de s’endormir au volant … « Allo il y a quelqu’un ??? » ben non il n’y a plus personne… on le secoue comme un prunier pour qu’il se réveille et nous envoie royalement c**** avec son haleine pestilentielle !!

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Peut être allons nous mourrir aujourd’hui… sur le bas coté d’une autoroute chinoise avec une vieille odeur d’oignon fris et de tabac bon marché sur nos vêtements ( et c’est de loin le plus insupportable ). Depuis combien de temps n’a t’y pas dormi au juste ?

Barth coté passager le surveille comme un cheveux sur le lait qui bout !! Rassure toi, si je suis là aujourd’hui à te compter cette histoire, c’est que finalement nous sommes arrivés en une seul morceau, pas plus ni moins dérangé du citron qu’avant. Nous laissons là notre belle au volant dormant en espérant qu’il profite de cet intermède pour pioncer quelques heures sur le parking.

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Le Monastère Suspendu d’Hengshan :

Ici on ne rigole pas avec la lévitation, à plus de cinquante mètres au dessus de nos têtes le monastère d’Hengshan… il vaut mieux laisser ton vertige dans ta glacière ou dans la poche intérieure de ta veste et faire confiance à l’architecte à l’origine du délire.

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De simple poteaux de bois soutiennent l’édifice à flanc de falaise… L’édifice en question étant un superbe temple, avec dorures, statues, faïences tout comme un sur terre mais en l’air… comme pour dire à la gravité d’aller cueillir des figues en Grèce !!

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Oui oui oui… On en rajouterait presque une couche en disant que cette splendide construction commence à dater un peu (7em siècle), donc je pense que quoi qu’il arrive de dramatique, le maitre de chantier et les assurances ne couvrent plus les risques liés aux malfaçons !!

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Bref si tu veux monter là haut arme toi de ta plus grosse et plus douce patte de lapin cruelty free.

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La splendeur du lieu fait oublier tout le reste…

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On arpente les balcons venteux avec la sensation d’être d’intrépides moines taoïstes venus percher leur foi à des mètres du sol.

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… Le vent glacé siffle entre les tuiles centenaires et fait tinter les cuivres des mobiles.

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Le repas le plus improbable de notre vie :

Nous retrouvons notre protagoniste sur la terre ferme… il semble plus réveillé, du moins moins endormi ! Point non négligeable pour nous, quelques heures de sommeil de prises, c’est toujours ça de gagner sur notre espérance de vie. Nous reprenons la route en sens inverse, en surveillant toujours d’un coin de l’oeil notre chauffeur. Retour vers Datong dans notre cendrier roulant. Bientôt le nuage de pollution nous entoure à nouveau, pas de doute nous sommes en proche périphérie de la ville. Les bords des routes sont jonchées de déchets en tout genre, la circulation est aussi dense qu’assourdissante… La Chine a ce pouvoir, de nous faire nous émerveiller devant des monastères hauts perchés vieux de centaines d’années comme nous irriter par son manque de respect envers son environnement, qui lui donne des airs de décharge à ciel ouvert. Notre taxi driviste, clope au bec et teléphone vissé à l’oreille depuis maintenant plus d’une demi heure, ne trouve rien de plus intelligent, à ce moment là, que de prendre sur quelques mètres la bretelle d’autoroute à sens inverse, « Why Not ?? » Il devait être Punk ascendant Gothique dans une autre vie, le genre a aimé manger des poussin vivant…il braille au téléphone et ne semble même plus avoir conscience de conduire… va t’on sortir vivants d’ici ?

La ville nous aspire dans ses larges rues… de part et d’autres les fast food, les grandes enseignes de modes et les concessionnaires automobiles se partagent les vitrines. Le chauffeur est toujours au telephone, il semble chercher quelque chose, nous prions pour qu’il ne décide pas de faire une pause repas dans un de ces resto douteux… l’odeur de son haleine mélangé a celle du tabac froid ajouté à sa conduite musclée nous a coupé tout appétit… Le taxi s’immobilise dans une ruelle, le quartier est populaire et les immeubles délabrés nous entourent. Nous marchons en direction d’un jardin d’enfant à l’abandon, derrière lequel un immense chapiteau rouge est monté. Devant le chapiteau une sorte de gros poêle à bois laisse échapper une épaisse fumée noire… mais où sommes nous encore tombés… Nous sommes alors très heureux de ne pas être seuls mais tous les quatre. Lorsque nous pénétrons sous le chapiteau, une soixantaine de têtes se tournent vers nous, dans un vacarme improbable.

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Nous sommes invités a nous asseoir à une des nombreuses tables rondes qui meublent le lieu. Tour à tour les convives se joignent à nous, nous trinquons avec eux, sans trop savoir à quoi tout cela rime…

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Une chose est sure nous sommes l’attraction du moment, particulièrement Teys qui crée l’émois des femmes par sa blondeur et le bleu de ses yeux, pas vraiment chose commune sous cette latitude. Paquets de cigarette, bières, saké et vodka sont déposés sur la table… la valse des « Sampééééé !! » continue, de gros verres d’alcool remplis à raz bord disparaissent dans les gorges de nos hôtes…

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De notre coté nous trinquons timidement à la bière locale et surveillons du coin de l’oeil notre chauffeur qui semble être à l’aise niveau levé de coude. Les plats commencent à arriver, des assiettes en cartons remplies de mets locaux sont déposées au centre de la table… nous sommes invités à nous servir dans nos petits bols de porcelaine blanche…les plats s’accumulent : porc, canards, salades en tous genres, algues, riz, fruits de mer, tempura de légumes, bao, ribs, …

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le repas vire à l’orgie de nourriture à n’en plus finir… Ca fume, ça bois, ça mange sans modération, l’odeur de la nourriture frie se mélange à celle de la cigarette et de l’alcool fort… nous sommes à la fois amusés et dubitatifs…on nous prends en photo, on trinque avec nous… ce repas est improbable… Au bout d’une bonne heure, tous les convives commencent à être bien imbibés de saké et autres breuvages car ici la coutume veut que quand quelqu’un boit, tout le monde boit… ça chante et ça danse à tout va. Le chauffeur, visiblement pas très mélomane nous fait signe, il est temps de repartir. La question de payer une addition se pose, mais visiblement, nos hôtes refusent catégoriquement… il parait qu’il ne faut pas insister quand un chinois se propose de payer ton repas… nous nous exécutons donc sans trop grande difficultés.

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La seule chose qu’on nous demande en échange, c’est une pièce provenant de notre pays d’origine… Mais aucun de nous n’a d’Euro sur lui… Barth cède une livre sterling qui traine dans sa poche, c’est tout ce que ce repas nous aura couté, pour l’absurde improbabilité de l’instant, ça c’est cadeau… Nous reprenons la route avec notre chauffeur. Nous apprendrons plus tard, qu’il s’agissait en réalité de l’anniversaire de mariage d’un des amis du notre taxi driver… et que l’accueil qui nous a été réservé est du au fait que les convives n’avait que très peu souvent, pour ne pas dire jamais l’occasion de se retrouver en présence d’un aussi grand nombres d’étrangers en même temps… je signale au passage que nous n’étions que quatre… que se passera t’il le jour où un bus entier d’un club du troisième âge va débarquer ?!!

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Les grottes aux mille et uns bouddhas :

Cette journée forte en chocolat, se termine par la visite des grottes de Yungang…

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Vieilles de 15 siècles, la cinquantaine de grottes creusées à même la falaise renferment plus de 50 mille bouddhas de toutes tailles…

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Tout est calme autour de nous, les rayons du soleil de cette fin d’après midi donnent un côté très spirituel à ce lieu propice à la médiation et à l’émerveillement…

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Une à une nous nous perdons dans le méandre des grottes sous les regards des bouddhas.

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L’érosion du temps n’a pour la plus pars pas eu d’impact sur la finesse de leur traits ni sur la pigmentation de leur visages, les couleurs sont restée intactes…

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Le soleil perce à travers les alcôves, le spectacle est magique, nous sommes suspendu hors du temps…

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Difficile d’imaginer qu’a moins d’une demi heure de route, la ville de Datong s’émulsionne.

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Un moment de paix au milieu des géants de pierre plusieurs fois centenaire.

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La Chine n’en fini pas de nous étonner de ses milles merveilles !!

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La Grande Muraille, l’épopée chinoise

Avant d’enfiler ton ton sac à dos, de remplir ta gourde et de te mettre une bonne lampée de déo sous les aisselles ( déo bille de préférence, pense a préserver la couche d’ozone et sans sels d’aluminum parce que ça ne peut pas te faire de mal), il faut que tu laisses là une belle idée reçue, bien encrée dans le conscient collectif mais pourtant aussi faux que la paire d’obus de Pamela Anderson …

« NON !!! La muraille de Chine n’est pas visible de l’espace NON et encore moins donc, depuis la lune FAUX, FAUX, FAUX et ARCHI FAUX ».

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Laisse là cette mine déconfite et prend plutôt ton bon sens sous ton bras ( fraichement désodorisé ). On considère généralement la fin de l’atmosphère terrestre à 85 kilomètres au dessus de nos têtes soit environ un aller  Toulouse à Foix en suivant la D820… ( nous saluons au passage nos amis ariégeois pas assez reconnus et trop souvent oubliés, courage ). Sachant que la Grande Muraille de Chine fait environ 9 mètres de large ( soit à 5cm la distance que peut parcourir en un seul saut l’américain Mike Powell recordman mondial du saut en longueur…logique, on se doute bien qu’il n’est peintre en batiment ).

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Elle n’est pas plus visible de l’espace qu’une autoroute ou qu’un gros bâtiment type Mall Américain ( Weeeeelcooome tooo the Maaaall) ou Trump Tower . Voilà CQFD comme dirait l’autre !!

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La deuxième chose a savoir sur le fameux mur, c’est qu’il s’agit de la plus grande construction jamaiiiiis construite par la main de l’homme. Clap clap dans tes paumes !!! Ce petit exploit mérite bien son appellation made in china : « la Muraille Sacrée de 10 milles li » ( li = l’infini). Mais attention prends garde à toi ( Prrrends garrd’ à toii !!), le fameux mur n’est pas continu…Voilà, tombée à l’eau ta promenade digestive de 6 259,6 kms du dimanche aprem’… Comme tu peux le voir sur ce cliché impunément dérobé à Wikiped’, pleins de petits tronçons le composent … conséquences du temps, des statègies militaires, des différentes dynasties qui se sont succédées à la tête de l’empire, des guerres, du climat, du mistral, des anges de la télé réalité et de l’élection de Donald Trump au pourvoir et bien d’autres raisons obscures encore… brefff !!

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Pour la visite, c’est par ici, avec l’embarras du choix qui s’offre à nous : Les versions « tourisme de masse » ou « J’aime les gens trés fort » avec toutes commodités d’ascension par téléphérique et le contact physique en plus et la possibilité d’avoir des tas d’inconnus en plus et gratuitement sur tes photos (c’est caaaadeau) wouuuuuuais !!!

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Ou les versions plus bucoliques en autonomie totale, libre comme un condor dans la tempête… Tu commence à bien nous connaitre désormais, tu te doute bien qu’on est plus bain russe que bain de foule… Nous avons donc opté pour le tronçon de Jinshanling à Simatai à 120 kms de Pékin avec une nuit sur place pour pouvoir profiter du coucher mais également du lever du soleil sur une des plus belles merveilles du monde !!!

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Deux jours de voyage qui se valurent aussi inoubliables qu’épiques, cela va sans dire.

Au petit matin du Premier jour tu partiras :

Ce qu’il faut savoir avec les moyens de transports chinois, notamment les bus, c’est qu’ils ne sont pas d’une ponctualité ni d’une fiabilité horaire très sure… ou alors c’est nous qu’il manque des cases ( n’écartons aucune hypothèse ).

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Après épluchage de multiples forums et avis en tous genre plus ou moins bien renseignés et clairs… Nous voilà à la station « DONZHIMEN » dents brossées et pelage soyeux. D’emblée le voyage n’était pas perdu car c’est ainsi que nous avons découvert qu’en dessous d’une des plus grande station de métro de la ville, on peux trouver l’existence, en plus des distributeurs de boissons classiques, de distributeurs de crèmes glacées…(information totalement inutile a 6h du mat’ alors que tu sors à peine de ton lit, les traces d’oreiller encore incrustées sur la joue … mais bon, l’occaz’ de préciser un peu plus qu’ impossible n’est pas chinois).

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Le point négatif de ce début de matinée c’est que le bus censé nous amener Jinshanling, on n’en a pas vu l’ombre d’un essuie glace !!! Chou blanc dans la soupe miso, devrais je même dire !! A la place, on a droit à une horde de rabatteurs, nous proposant leurs services à un prix défiant l’entendement : 200 Yuans par personne ( à la place des 40 annoncés par les forums )… après plus d’une demi heure de tergiversations, écrans de smartphone versus écrans de smartphone ouverts sur le mode calculatrice, pour meilleure compréhensions des ambitions pécuniaires de chacun… Nous montons dans un minuscule combi pour 80 Y chacun, le sourire du chauffeur en disant long sur la marge qu’il vient de se faire à nos dépends … mais bon, c’est le jeu ma pauv’ Lucette, on a un bus c’est déjà ça. Plus de trois heures de retard sur notre plan initial, nous quittons Pékin… le voyage se poursuit dans la promiscuité d’un minibus bondé, tellement à rasibus que les fenêtres en sont opaques de buée… Nous sommes les seuls touristes à bord, sous les strates de chinois entassé avec nous… le tout sur fond de techno des années 90. Il flotte une odeur d’oignon, ma voisine refoule du goulot, c’en est insupportable. On se demande presque si mal réveillé elle n’aurait pas croqué dans le tubercule le prenant pour une pomme… !!! Nous sommes comme deux sardines à l’huile entre une tranche d’oignon.

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Sur la station service abandonnée, pas de coquillage ni de crustacés :

Le minibus nous éjcapture-decran-2016-11-07-a-21-50-32ecte ( la vitesse à laquelle on nous fait descendre est peux être plus rapide encore) à peine le temps de nous extirper de notre boite à sardine puante et de récupérer la quasi totalité de nos affaires que le combi repart déjà… Feu ma casquette de barroudeuse offerte par mes grands parents, Feu ma pauvre casquette surement
restée coincée sous les fesses de ma voisine mangeuse d’oignons !! Je nous pourrai plus jamais aussi bien danser sous la neige sans elle…SNIF !!

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Nous sommes sur la station service à quelques kilomètres de Jinshanling, il est quasiment midi… nous avons perdu plus d’une demi journée… le moral est moyen moins, il sent l’oignon et la déception.

Générosité à deux visages :

Quand ta journée est vraiment merdique, que tu marches sans vraiment savoir pour une durée incertaine et que les infos que tu as sont totalement fumeuses… Tu te dis que le brave Monsieur qui s’arrête au bord du chemin et te propose gentilement de te déposer vers ta destination finale, est forcément le signe que ta bonne étoile n’est pas totalement grillée… « Monte donc dans ma jolie voiture, mon enfant »… On aurait du se méfier dès la début, un homme qui met des couvres sièges imitation léopard  n’est forcément pas net … Arrivés devant la porte de Jinshanling, quasiment dans l’ombre de la muraille, il nous réclame bien entendu de l’argent… manque de bol pour lui, c’est pas très malin de nous demander de l’argent une fois arrivés, sa qualité première c’est clairement pas d’être doué en affaire… Il rentre dans une rage folle quand  au lieu des 200 Y qu’il nous demande, on lui fait clairement comprendre qu’il n’aura pas plus que 20 Y pour sa course annoncée à la base comme gracieuse…Bonne étoile en carton. Il s’énerve et frappe sur son volant de toutes ses forces !!! On ne comprends bien entendu rien au chinois mais pas besoin d’étre bilingue pour se douter qu’il ne nous chante pas des cantiques à la sainte vierge…

« Déso’ Mec’!!! »

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Et puis quoi encore :

La journée est bien avancée mais au moins, la muraille est en vue. Jinshanling ressemble a un village fantôme, sale et déprimant, le portail d’entrée est immense mais sur les six guichet, un seul est ouvert et l’hôtesse baille au corneille… Mais où sommes nous encore tombés ?? Une femme, visiblement employée du site, à la voix criarde et stridente, nous accoste avec cette excitation logorrhéique accompagnés de grands gestes que nous commençons à connaitre. Elle nous presse, nous fait signe de la suivre, sans chercher à comprendre… L’anglais ici, on oublie de toute façon, personne ne semble vraiment faire des efforts de compréhension, il faut utiliser un genre de para-language et espérer que ton interlocuteur est le même. Nous traversons le hameau au milieu des sacs plastique et des ordures… glaaamour !! Elle nous conduit jusqu’a une sorte de pension totalement aussi déserte que laide et vieillissante… dans le but de nous louer une de ces chambres miteuses au prix fort… Là encore la négociation s’engage… Nous faisons descendre le prix de moitié avec la certitude de quand même s’être fait roulé… Tout ça pour une suite royale de seaconde zone sans douche ni chauffage … au moins nos sacs de couchage n’auront pas fais le déplacement depuis Pékin pour des bonbons chinois.

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La grande Muraille Silencieuse

( Section de Taochun à Houchuan ) :

L’après-midi est bien avancée mais néanmoins nous touchons au but…La grande muraille vieille de ses 2000 ans est enfin sous nos pieds…

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La récompense de cette journée classée grise sur l’échelle du bourdon futée. Le mur serpente à perte de vue sur les flancs des montagnes alentours, un spectacle juste pour nous… nous sommes seuls, pas une âme qui vive sur les majestueux remparts… Cela tient presque de l’exploit dans cette Chine grouillante de monde.

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La beauté du site emporte notre maussadittude (si si, ça se dit !). Nous partons en explo’ sur une section restaurée, ce qui rend la balade agréable, bien que sportive à cause des raides escaliers.

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A quoi devait ressembler la vie des soldats montant la garde, été comme hiver, entre ces murs exposés aux quatre vents ?

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Le vent glacé se fraye un chemin entre les pierres. La neige persiste à l’ombre de la muraille. Nous marchons, de tours de guet en tours de guet alors que le soleil amorce sa lente descente vers l’horizon…

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Comme une impression de se promener sur le dos d’un serpent de pierre géant qui traverserait les montagnes… Les marches sont parfois abruptes, la pente est vertigineuse, il faut avancer avec prudence.

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Coco se cramponne à Antoine plus que jamais. Ces ailes de bois ne la sauveraient pas d’une chute à cette hauteur.

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Le soleil décroit doucement.

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Il tombe vers l’horizon, emportant avec lui la chaleur que nous procure ses rayons.

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Après le coucher de soleil sur l’ile d’Oklhon celui-ci restera un des plus incroyable du voyage ( du moins jusqu’ici ). Un moment durant le quel tu as envie que le temps s’arréte pour pouvoir t’extasier encore et encore…

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et une impression de tout-petitesse (c’est quand tu te sens tout petit vraiment tout petit, genre comme une puce ou un bébé fourmi ).

Au petit matin du deuxième jour face à la muraille tu te réveilleras

(Section de Houchuan à San Yan Lou et vers la porte Est) :

L’avantage d’avoir une chambre épurée c’est que tu te couche tôt soit approximativement dix minutes après avoir engloutit une omelette aux tomates servie par notre hôte…

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Nous reprenons notre marche de bonne heure et tout aussi solitairement que la veille, sur une section non restaurée cette fois… Encore plus pittoresque et plus beau que la veille… si c’était possible !!

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La marche est sportive et très escarpée. Parfois il faut descendre sur la terre ferme pour contourner une partie éboulée ou encore escalader les murs des tours de guets aux escaliers éboulés.

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Le silence nous entoure, nous profitons du moment, le temps est suspendu aux gravures sur les pierres anciennes, tout est tellement calme…

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Nous redoutons presque le moment où il faudra a nouveau se mélanger à la foule effervescente.

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L’incertitude du jour :

Comment regagner Pékin ? … 

Le jour où on a bien cru finir en farce de nems

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Vers midi nous sommes de retour aux abords de la porte Est ( a quelques kilomètres de Jinshanling ), un bus est censé aller jusqu’a Pékin doit normalement passer par là si on en croit l’hystérique de la pension… mais notre petit doigt et tous les autres d’ailleurs nous soufflent d’en douter… Nous attendons, attendons et attendons encore. Un groupe d’allemand se présentent. Ils ont une voiture avec chauffeur privé et ne semblent pas très enclins à nous aider… pour l’entraide hors espace Schengen, je crois qu’on peux bien s’asseoir dessus !!!

Un combi avec deux hommes a son bord fini par s’arrêter… le conducteur descend, la valse négociatrice s’engage… une fois l’accord financier conclut nous montons à bord…Coup d’oeil aux housses de sièges des Mickey Mouse et des inscriptions « lucky » partout, on ne peu y voir qu’un signe !!

L’homme coté passager, d’environ trente ans, nous fait la conversation via « google translate » avec toute l’approximation de la traduction anglo chinoise… nous ne comprenons pas tout et sommes assez étonné de voir que le véhicule s’enfonce dans la campagne et s’éloigne de la voie rapide… la route se transforme en chemin de terre, puis le chemin devient de plus en plus étroit…où allons nous encore ? Allons nous finir kidnapper dans la campagne chinoise ?!

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Le combi s’immobilise dans un minuscule hameaux où le temps semble arrêté. Deux vieilles grands mères aux visages sans âges nous regardent l’air dubitatif… Le jeune homme descend… il attrape son petit garçon dans ces bras, le sourire aux lèvres… Il le recupere pour le week end, et est trés heureux. Les hommes et les femmes du village nous regardent…

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Le jeune homme nous explique que les gens d’ici n’ont jamais vu de français et qu’il est très fier de nous avoir amené là. La route reprend direction Pékin…Ce serait mentir de dire que nous ne sommes pas soulagé de regagner la civilisation après cet intermède dans la campagne chinoise… Là est toute la subtilité et l’audace d’osé monter en voiture avec un chauffeur dont on ne comprend pas la langue !! Très gentil, le jeune papa nous vante les beautés de son pays, de ses montagnes et nous offre des boissons, pendant que son petit nous dévore des yeux.

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Le chauffeur nous laisse à la station de bus, aprés presque 5h de route nous devons encore prendre un bus desservant Pékin et sa périphérie. On les remercie mille fois et continuons notre route, bien fatigué par toutes ces émotions. Deux heures de voyage encore, l’occasion de profiter pleinement ou pas du taux élevé de décibels typique des bus chinois entre les conversation téléphoniques à gorge déployée des passagers et des coups de klaxons incessant du conducteur… Il est bien loin notre silence spirituel entre les pierres de la Muraille. Joyeux retour à la « civilisation »aprés deux jours inoubliables … hors du temps

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Pékin, deux, trois…

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La Chine ça a commencé comme ça : un réveil, que dis je, plutôt une émergence douteuse, yeux collés et résidu de bave en coin de bouche ( miam miam !! je sais que de suite tu te sens plus proche de nous !! ) après une nuit plutôt agitée dans le wagon. Le soleil se lève tranquillement dans des reflets roses poudrés… petit plantage de décors bucoliques parce que j’aime bien bien bien !!! Par la fenêtre le paysage se déroule: les campagnes pauvres aux maisons de fortune contrastent avec les villes et leurs hauts building en construction … les infrastructures ultras moderne, les citées dortoirs et les champs à perte de vue…

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Les montagnes et les montagnes encore aux pics effilés… dans le wagon, les passagers eux aussi émergent doucement.

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Les paysages défilent et défilent encore, les cheminots s’activent le long des rails, les sacs plastiques et les déchets jonchent le bord de la voie…

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La pollution sur terre et dans les airs sous la forme de grosse fumée noire qui s’échappe des cheminées des usines… elle fait disparaitre le rose du ciel…Pékin approche !!!

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La gare centrale de Pékin est une fourmilière géante, premier pas sur le sol chinois… Les monstres chargés sur le dos, titubants entre les passagers pressés visés à leur téléphones portable, l’aventure chinoise commence, midi sonne à la grande horloge…

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Les Hutong :

On dit des hutongs qu’ils sont l’âme du Pékin d’autrefois… surement pour notre côté vintage décallé, amateur de poussière. C’est surement pour ces raisons (ou pour d’autres plus obscures ) que nous avons élu domicile dans ces vieux quartiers.

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Labyrinthe de ruelles étroites aux longs murs ponctués de portes de bois, des petites habitations s’ouvrent sur les cours carrées appelées « Siheyuan » autour desquelles toute la vie s’organise, c’est là la particularité des maisons pékinoises.

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Comme dans un véritable village, ces quartiers vieux de 700 ans possèdent leur écoles, leur commerces, leur temple et leur toilettes publiques qui fleurissent vraiment partout, partout, partout,  vestige d’une époque où l’on ne pouvait pas déféquer en paix chez soi…

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 ( sans transition… )

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Les pékinois y circulent principalement à vélo ( ou tout engins à roues s’en rapprochant ), tu ne seras donc pas étonné d’apprendre qu’à la place des coups de klaxons, tes balades seront animées par les coups de sonnette.

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Et ne t’y trompe pas c’est pas pour autant que tu seras plus tranquille pour autant, les vélocypédistes sont nombreux…donc colle a droite si tu ne veux pas perdre une jambe, un orteil ou pire… un bout d’oreille.

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Les places sont souvent le terrain de jeux favoris des pékinois où ils passent leur temps à s’adonner à tout un tas d’activités pouvant aller de la partie de maghong ou de dames chinoise, au lancer de diabolo, aux séances de tai chi.

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Mais encore se lancer dans de folles sessions de balle kai ( sorte de volant de badbington qu’il faut s’envoyer de l’un a l’autre avec le pied )…

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Aussi étonnant que cela puisse paraitre il y de nombreuses enseignes de friperies à Pékin, teintée à la mode américaine des années 80 (ou comment se croire dans la Death Valley alors que tu te trouve a une moitié de globe de là dans un pays aux coutumes vieilles de centaines d’années…) L’improbable est le quotidien du voyageur…

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Au coucher du soleil, c’est toute une vie qui fourmille, les épiciers et les artistes de rues laissent place aux vendeurs de rues, la street food à la mode chinoise… les odeurs de sauce soja et de raviolis grillées viendrons te chatouiller les narines, les files d’attente parfois impressionnantes se forment devant les stands de jian bing ou de noodels…

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Le métro :

Si la vie à la surface du plancher des vaches (oui c’est redondant !!) est tout le contraire d’inactive, il n’en est pas moins dans les bas fonds… c’est même ici que le terme fourmilière trouve tout son sens. Le plan du métro est arachnoïde, les lignes se croisent, s’entre croisent, elles forment des cercles parfaits ou s’éclatent du centre vers la périphérie de la mégalopole.

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En Chine les couloirs des métros sont des lieux de vies à part entière, on peux y faire ses courses, les magasins, aller chez le coiffeur et même y prendre ses repas… une ville sous la ville.

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Dans les rames, immenses, larges et surpeuplées, il plane un silence inquiétant… personne ne se parle, tous sont visés sur leurs téléphones portables derniers cris… on y joue, regarde des series, envoie des mails, des textos, on y dors aussi… C’est plutôt particulier !!

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Lorsque la rame se stoppe des flots et des flots de voyageurs sans lever la tête, d’autre montent d’une façon toute aussi mécanique.

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Dans les tunnels comme dans les stations, des écrans publicitaires crachent leurs images colorées qu’aucun voyageur ne semble vraiment remarquer, ils vont et viennent comme des automates pressés et téléguidés.

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La Cité Interdite

Un petit point culture parce qu’on est bien obligé de se culturer même si je sais que tu n’es pas vraiment là pour ça mais plutôt pour loucher sur nos photos et nos anecdotes de voyage ( j’espère que jusque ici tu es un voyageur satisfait !!! ) … Ne détourne pas ton attention, car tu vas y avoir droit : la cité interdite pour les nuls !! On aurait pu faire un bouquin qui se serait appelé comme ça !

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Cette bonne vieille cité interdite qui tient tout ne même debout depuis le 15 em siècle fut construite sous la dynastie Ming (oui je sais cela te fait une belle guibole !). Tout cela pour dire qu’elle est très très vieille et aussi très très grande environ 70 hectares ( a quelques mètres carrés prés ), le tout entouré d’une muraille haute de 10 mètres où tu peux aisément flâner pour admirer la cité, entre les tours de guet. Les murailles surplombent les douves de 52 mètres de large.

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La cité interdite n’est ni plus, ni moins que l’ancien lieu de résidence des nombreux empereurs chinois. Elle renferme aujourd’hui tous les trésors impériaux. La visite commence par la « Porte du Midi », après une bonne heure de queue, précautions anti terroriste oblige ( désolé de casser cette bonne ambiance ). La porte donne directement sur la place Tian amen où trône la célèbre photographie de ce bon vieux Mao.

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Pour se terminer a son extrême opposé, « Porte de la prouesse divine ». Entre ces deux portes tout un dédale de pièces, de temples et de cours immenses s’offrirons à toi… La légende raconterait que 9 999 pièces composent la cité.

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Tu vas me dire, parce que tu es un petit futé mal élevé, qu’ils auraient pu pousser un peu et en faire une toute dernière pour arriver à 10 000 … Et bien non, car seules les divinités ont le droit de construire des palais de 10 000 pièces !!! Ca t’en bouche un coin ou deux ça non ?

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L’architecture des lieux semble tout droit sortie des livres d’histoires, les fameuses toitures aux extrémité recourbées coiffent chaque bâtiment…

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Au bout de chacune d’entre elles des statuettes représentant l’empereur chevauchant un sphinx, suivi d’une ribambelle de divinités, signale l’importance du lieu: plus il y a de statuette plus le lieu est sacré ou occupe une haute fonction dans la vie de la cité.

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On est comme ça nous, on a le souci du détail.

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Petite aparté également si je peux me permettre : cette visite en plus de nous dégourdir le cuissot, nous aura permis d’élire les chinois, champion du monde de « l’appelation » si l’on en juge par les noms donné aux monuments : « pavillon de l’harmonie suprême », « de l’harmonie parfaite« , « de la tranquillité terrestre« , « de la pureté céleste« , « de la nourriture de l’esprit« …

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de vrais poètes, ce qui ne nous empêche pas par ailleurs de plaindre leur progéniture !!!

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On ne va pas te mentir la visite de la cité interdite c’est top mais au bout de la 4em voire 5em heure de visite ( ceci est une moyenne calculée à partir de nos deux ressentis ) autant te dire que tu perds un peu la foi et la force rotulienne… donc arme toi de patience et prend un bon petit déj’.

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Pour finir la journée en beauté, rien de tel que de gravir la centaine de marches qui te mènerons jusqu’au sommet de la montagne de charbon, nommée ainsi car cette colline artificielle, qui fait face à la porte de la prouesse divine, fut édifiée avec la terre récupérée du creusage des douves de la cité !!! haaaaaaaaa ouaaaiiiiiiiiis ooooh touuuuuut s’expliiiiiiqueuuuh !! De ton perchoir majestueux, tu pourras y admirer le coucher de soleil a travers le nuage de pollution avec la vue imprenable sur la cité interdite …

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Les Parcs :

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Pour casser le quotidien, les pékinois, coulés dans le béton gris et les infrastructures ultras modernes, se rendent très souvent dans les nombreux parcs que compte la ville…

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Des petits havres de paix dans des écrins de verdures !!!

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On y joue, on y chante, on y fait sa gym, son yoga, on y mange, on s’y retrouve pour discuter et même pour y arranger des mariage oui oui oui !!!

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Coup de coeur coeur love pour le parc du temple du ciel et son temple tout rond et tout de bois !!

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Les temples, AAAAAmmeeeen !!! :

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Eloigne toi des idées reçues ! Non les chinois ne sont pas tous des adorateurs de Bouddah c’est pas parce qu’on est proche du Tibet que tu dois mettre tout le monde dans le même bâtonnet d’encens (oui cette phrase ne veux rien dire et alors ??).

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La religion traditionnelle chinoise compte le plus d’adeptes, mais également des chrétiens, des musulmans et des animistes.

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A Pékin, des temples il y en a cassement partout, des plus simples au plus architecturellement élaborés, des oeuvres d’arts à ciel ouvert…

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Il n’y a pas a dire, de nuages d’encens en nuages d’encens, de plafonds colorés en mandalas de sables et en chants envoutant nous en avons pris plein les mirettes !!!

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Les marchés et la street food :

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Les marchés font partie intégrante de la culture chinoise qu’ils soient alimentaire ou pas, ce sont des lieux de vie où l’on se retrouve, se rencontre ou encore s’adonne à des parties de marchandages musclés… tout se marchande en chine c’est une question de savoir vivre !

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Dans les étals des marchés alimentaires, tu trouveras pléthore de mets plus improbables les uns que les autres pour tes yeux et tes papilles d’occidental ébouriffé et ceux à toutes heures du jour ou de la nuit : viandes en tous genres ( du boeuf à la poule en passant par la tortue, le chien, le chat, le rat )…

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…des raviolis fourrés à tout un tas de choses, des pains vapeurs sucrés ou salés, les légumes au nom imprononçable ainsi qu’a la forme improbable, des oeufs cuits dans la sauce soja, des variétés de  préparation noodels aussi nombreuse que la filmographie de jacky chan, du tofu de tout âge, des petits plaisirs sucrés tout comme des salades d’algues de toutes les couleurs.

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Un milliard de choses qu’on à envie de gouter avec un seul crédo « être conscient que tu manges quelque chose sans vraiment être sur de ce que c’est », bref pour l’amour du risque. Les marchés se tiennent dans des sortes de petits halls et ne sont pas forcement visible si on ne le sait pas.

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Les supermarchés sont rares en centre ville, on peut te le dire et c’est pas faute d’avoir chercher !!! Faire ses courses dans la rues ça a largement son charme aussi !!

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La street food est largement répandue, aussi les rues ne manquent pas de marchants ambulants ou d’échoppes aux odeurs alléchantes.

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Pour quelques yuans tu manges sur le pouce tout en continuant flâner dans les ruelles animées… un bao (petit pain vapeur à la viande, aux haricots rouges…)

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…un jyan bing ( sorte de crêpes fourrés ), des brochettes de viandes, des thés en tous genre, noodels bien sur qui sont les reines des bouts de baguettes… Bref il y en a pour tous les goûts.

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Chiner en Chine :

Dans le plus grand marché d’antiquité de la ville, c’est trop cool.

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Le Marché Panjayman n’est pas une petit adresse secrète que seuls les locaux connaissent, loin de là.

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Tous les meilleurs guides de voyage te le conseilleront, mais néanmoins il a son âme et on y croise beaucoup beaucoup beaucoup de pékinois.

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Des piles d’assiette en porcelaine aux immenses jarres ornées en passant par la multitudes de bijoux de jade, les cuivres, les cadenas, les échoppes de calligraphie, de peintures, d’encens, de colliers de prières et multitudes d’autres objets en tous genres.

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On trouve de tout et surtout n’importe quoi. Tout se négocie au poids, à la couleur, à l’ancienneté, calculatrice en main dans un brouhaha de hall de gare.

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Les vendeurs ambulants de noodels promènent leur petites échoppes entre les allées, les sols tournent a plein régime à l’heure de la pause repas.

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Les conseils de nous et ce qu’il faut savoir :

Avec notre petit vécu de globe trotteur, le moins qu’on puisse dire c’est que malgré la traversé de la Sibérie et la vie dans les steppes mongoles, nos premiers pas sur le sol chinois restent de loin les plus dépaysant en terme de relation humaines.

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Si en Russie et même encore un peu en Mongolie nous passions a peu près inaperçu, ici tous les regards sont braqués sur  nous…

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Dans la rue on nous demande facilement une photo, on nous observe avec curiosité et insistance, et si étrange que cela puisse paraitre, certains sont même parfois réticents à nous adresser la parole… Imagine notre désarroi lorsque, alors qu’on se présente au guichet de la gare pour acheter un billet, les hôtesses se rejettent le bébé de l’une à l’autre, se poussant pour ne pas avoir à s’occuper de nous…

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Le choc culturel est le même lorsque nous découvrons qu’ici la notion de file d’attente n’existe pas que ce soit à la caisse comme ailleurs… personne n’auras de scrupule à te griller la priorité, à t’engueuler parce que tu ne vas pas assez vite ou encore de croiser un chien habillé de pieds en cap…

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Ce n’est que le début mais nous sentons bien que la Chine n’a pas finie de nous surprendre…

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Du Désert de Gobi vers l’Empire du Milieu…

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Après cette semaine remplie d’émotions, de sourire à revendre et de températures plus que négatives, il est temps de reprendre les rails. Direction : LA CHINE !

Seuls deux trains, par semaine effectuent le trajet Ulan-Baatar / Pékin. Les places sont souvent, très vite, prises d’assaut. Mais nous avons  de la chance, en cette période de non affluence touristique, pas mal de place restent disponibles. Dans la fraicheur frigorifique des fins de nuits mongoles, nous arrivons sur le quai de la gare. A peu prés dans les même conditions qu’a notre arrivée d’ailleurs : en mode stalactite, fatigués et sous le poids des monstres … les souvenirs des steppes vierges et enneigées en plus, je te le concèdes !!!

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Tous les globes trotteurs semblent s’être passés le mot, postés bien au chaud dans le hall de la gare. Ils font le pied de grue, guettant, l’oreille aiguisée, le sifflement du train en approche. Les sacs à dos Quechua et les chaussures de rando fleurissent et tranchent avec les habits traditionnels dont les mongols sont vêtus en ce matin de grand départ. Nous retrouvons des minois connus…comme celui d’Anne Céline, notre compatriote solitaire. Le train entre enfin en gare dans le brouhaha ambiant…les portes s’ouvrent…les voyageurs se pressent, billets en main. Il est temps d’embarquer… Toute la population du vieux continent, en transit vers la Chine semble avoir était massée dans le même wagon. Niveau dépaysement c’est assez moyen mais cela a quand même son petit charme… Le wagon prend des airs de congrégation européenne, on y parle anglais, hollandais, allemand, français…

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Nous sommes seuls dans notre cabine, avec tout le luxe que cela représente pour nous : profiter d’un peu plus de place pour simplement pouvoir se mouvoir à volonté, sans risquer de blesser ou d’intenter à la vie de quelqu’un par choc de boite crânienne contre boite crânienne, ou de voute plantaire contre arrête nasale et bien d’autres possibilités encore… la liberté du libre mouvement dans l’espace exigu !!!

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Quelques heures seulement après avoir quitté U-B, ses buildings de béton et sa pollution, nous entrons dans l’immense et monotone désert de Gobi… avec tout le rêve et l’exotisme que cette vaste étendue désertique représente pour les voyageurs que nous sommes… l’invraisemblable sensation de ne pas arriver à en croire ses propres yeux, c’est comme rêver les globes oculaires ouverts !!!

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La traversée du grand « RIEN » aux dunes de sables se fait au rythme des parties d’échecs, des discussions interminables consacrées à refaire le monde, des repas de fortune, des litres de thé chaud et de l’émerveillement … Le train fait parfois escale dans les petites gares des rares villages que nous traversons. Ici la vie semble s’être évanouie mais il n’en est rien, quelques voyageurs montent dans les wagons…La vie est donc bien présente, dans l’immobilité de ces villages fantômes.

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Ici, un dicton dit que lorsqu’un chameau passe tout le monde arrête son activité pour le regarder passer… c’est dire si les journées doivent être longues sous ces latitudes. La route reprend, nous rencontrons quelques uns des fameux ruminants édentés au lourd pelage ocre, se confondant avec la couleur du sol… Ces chameaux semi sauvages règnent comme des rois dans le Gobi. Tout comme dans les steppes, des nomades vivent dans le désert et se sont adaptés aux conditions de la vie désertique. Des yourtes semblables à celle que nous avons eu l’occasion d’habiter, fleurissent au milieu du sable. Le sable, d’ailleurs, parlons en. Ne te m’éprend pas, ce n’est pas pour autant qu’il fait une température caniculaire, non non, ça pèle toujours autant même si le paysage se fait trompeur et la neige rare.

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NB à toi même cher lecteur : Tu nous pardonneras la médiocrité de ces photos chamélistiques… mais il faut une sacrée vitesse de dégeinage photographique pour les prendre sur le vif et on ne s’improvise pas toujours Lucky Luke de l’objectif… rajoutant en plus, l’handicap du mouvement du train qui, bien entendu, fuit vers l’avant… ouais ouais !!! Crois moi des photos plus ratées que celles ci, il y en a eu…BEAUCOUP, BEAUCOUP, BEAUCOUP… A ce propos : Petite pensée désolée aux nombreux chameaux amputés trop jeunes par l’objectif.

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Pour ce qui est des journées à bord, elles s’articulent autour d’une notion de temps devenue inexistante. La fatigue, la faim, la soif… sont chamboulées par les kilomètres que l’on ne compte plus.

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Nous vivons au rythme des lectures, des parties d’échecs, des tasses de thé bien chaudes et des discussions philosophique ( ou pas ) avec nos compagnons de voyage… Partageant les uns et les autres sur nos expériences et notre vécu de voyageurs exilés, gourmands de découvertes.

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Lorsque le soleil décroit, tous les passagers se massent aux fenêtres du train pour admirer la fin de la course de l’astre céleste. Pour te donner une idée, ici l’événement est aussi couru que la la sortie du dernier Star Wars ou que les soldes chez Nespresso…La populace s’agglutine derrière les vitres poussièreuses. Dans une toile aux mille couleurs pastels, le soleil, fini sa course sous la forme du plus fin des filaments lumineux, avant de disparaitre dans le lointain de l’horizon.

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Le voyage a ce don précieux de nous réapprendre à vivre avec émerveillement ces petits moments bucoliques que nous offre gracieusement la nature… non pas qu’on avait oublié leur existence… mais notre vie de citadins over bookés nous en faisait parfois perdre la beauté de l’importance !! Ainsi les nouvelles et les pleines lunes, les couchés, les levés de soleil, les aurores, les crépuscules ont repris tout leurs sens et leurs importances dans notre vie devenue nomade…

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La nuit est noire et épaisse…Nous quittons la Mongolie, terre de Genghis Khan et des solides et rudes nomades. Le disque lunaire est d’une finesse rare, les étoiles scintillent dans le froid saisissant… Nous passons la zone frontière, nos passeports sont tamponnés en guise de laisser passer vers la suite du voyage…des souvenirs d’aventures gelées plein la tête nous approchons de la frontière chinoise… Où, un étrange ballet va nous occuper en ce début de nuit…

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Les rails mongols et chinois ne présentent pas les mêmes caractéristiques… Pour la simple et bonne raison que même s’ils sont voisins, ces deux peuples n’ont jamais étaient vraiment « best friends ». Dans un soucis de non invasion via le chemin de fer, les wagons doivent donc changer de roues avant de continuer leur route… tour à tour chaque voiture s’élève dans les airs, les chemineaux avec les gestes surs de l’expérience effectuent leur étrange mission. Les enfants collent leur visages aux fenêtres. Ils observent amusés, ses hommes aux chapeaux de Playmobil, s’activer sous leurs yeux…Comme nous tous d’ailleurs.

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Les choses hors du commun ont cet étrange pouvoir de nous rendre le regard curieux de l’enfance. A grès des secousses, à l’intérieur de notre wagon dans le quel nous somme consigné, la vie continue comme si de rien n’était. Les conversations vont bon train, surtout dans la cabine de nos voisins hollandais qui ont décider de faire le compte à une bouteille de vodka mongole pour tromper l’ennuis. Leur rires envahissent le wagon, tandis que la valse des soupes de nouilles chinoises commence. L’odeur bien caractéristique qui s’émane des bols et assiettes embaume le couloir.  Entre la cabine et le samovar, la nouille chinoise lyophilisée à la cote aux heures de repas ( voire à toutes les heures d’ailleurs )… C’est le « plat » qui met tous les voyageurs d’accord…On pourrait surement mettre fin à des guerres ici, si on passait des accords à la nouille chinoise !!

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Nous repartirons tard dans la nuit...assommé par un sommeil profond, c’est dans les bras d’une Morphée aux paupières surement légèrement bridées que nous pénétrons dans l’empire du milieu… dans le bruit monocorde et métallique des roues sur les rails … pour écrire la suite de nos aventures…

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Dans les steppes de Mongolie

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Tu n’as jamais rêver toi, qu’on vienne te chercher pour t’emmener dans l’endroit le plus pur et le plus dépeuplé du monde ? Retrouver un peu cette simplicité qui te permettrait de vivre avec ce que la nature te donne, sans heure, sans impératif, sans aucune nouvelle du monde extérieur; juste toi et la nature tout autour ?

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Cette expérience digne des meilleurs épisodes de « Rendez vous en Terre Inconnue », Frédéric Lopez en moins, nous avons eu la chance de la vivre… au milieu de la steppe mongole, là où la neige, l’immensité et le silence règnent en maitre, loin du tumulte d’Oulan Bator. Nous avons trouvé le plan, grâce à Zoé et Vincent, nos fidèles compatriotes du lac Baikal, via l’association « Tour Mongolia ». Après quelques mails échangés avec Serjee, la responsable, nous étions prêts…sans trop savoir à quoi nous attendre…sauf à l’aventure !!!  Pour ne rien rater de notre rencontre avec la famille nomade, nous avons décidé de nous payer le luxe, des services d’un interprète anglo-mongol, du moins présenté comme cela par Serjee.

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C’est très tôt, le matin, que nous avons donc fait la connaissance de Moogee. Très vite nous comprenons que le petit mongol rondouillard, bien que très sympathique et avenant, ne maitrise pas si bien l’anglais que ça !! Ca promet !!

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Nous parcourons deux heures de route ou plutôt de piste, car en Mongolie, c’est un peu comme en Russie, quand il n’y a plus de route, ce n’est pas grave, on avance quand même. Le blanc absolu nous entoure, la neige recouvre le sol et se confond avec le ciel d’un bleu très très clair. Parfois quelques troupeaux de chevaux et de chèvres croisent notre route, leurs silhouettes tachettent le blanc immaculé…

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Le camp de nomade est en vue. Trois petites yourtes se dessinent à l’horizon, au milieu de rien. Nous approchons. Moogee se gare devant la plus grande des trois habitations… Le maitre des lieux nous attend sur le seuil. Jagaar, du haut de

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ses 1m80 nous adresse une poignée de main virile et un large sourire ! Nous sommes très intimidés, mais très vite, nous comprenons qu’il n’y a pas de quoi l’être !!Nous pénétrons dans la yourte où Huurnah, la femme de Jagaar prépare le suutei tsai (thé local) de bienvenue. Tu le croiras ou non mais il y a énormément de place dans une yourte. La vie s’organise autour du gros poêle qui trône au milieu de la pièce.

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Tout autour de lui, les lits de part et d’autre, l’armoire, le temple bouddhiste face à l’entrée, le coin cuisine avec le garde manger et le coin « salle de bain ». L’espace est optimisé au maximum dans ce petit cocon douillet qui a tout pour plaire. Le couple de quinquagénaires vit avec Sergelen, de cinq ans leur ainée et son fils Juurnah, un ado de 16 ans à la force de colosse et au visage rougi par le froid de la steppe.

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Moogee prend ses aises, il connait bien la famille et malgré son niveau anglais collège, nous met très a l’aise. Les nomades ont l’habitude de recevoir du monde, connu ou inconnu, c’est culturel. Il n’est pas rare de voir débarquer quelqu’un aux heures de repas, s’attabler, se servir comme si de rien n’était, puis repartir son repas achevé. Un peu comme si toi, pendant une après midi shopping en centre ville, tu te dis qu’il est midi, que t’as faim, alors tu rentre dans la première maison venue et tu t’invites au repas de tes hôtes de l’instant. Huurnah est une vraie maman poule et ça se voit, elle est aux petits soins avec nous.

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Notre bol de thé n’est jamais vide, et elle nous invite constamment à nous servir des biscuits. En guise de présents, nous leur offrons du chocolat et une bouteille de vin rouge. Jaguar la regarde avec beaucoup de curiosité quand nous lui expliquons que c’est un vin de notre pays… Visiblement la vodka apporté par Moogee semble avoir plus de succès. Nous sommes très curieux de découvrir la vie du camp, et le moins que l’on puisse dire, c’est que nous allons aller de découvertes en découvertes.

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La vie des steppes :

Au camps, il faut t’assoir sur toutes tes petites commodités de citadin : Adieu salle de bain, baignoire, douche, lavabo … bonjour petite bassine d’eau chaude et savon… Adieu toilettes chauffés, carrelés et papier moutonné … bonjour, trou dans la neige à 200 mètres de ta yourte et n’oublie pas de bien t’assurer de la vidange de ta vessie avant d’aller au lit, a moins que tu préfère affronter les -35 degrés de la nuit mongole… Cela dit se sera l’occasion pour toi d’observer le ciel comme jamais… La voie Lactée dans toute sa magnificence. Faire pipi tout en contemplant la Grande Ourse c’est quand même vachement classe !!

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oui oui, la bas, tout la bas… c’est les chiottes !!!

Le froid, et oui il est toujours là celui là. Il fait parti de la vie des nomades. De gré ou de force parfois, ils savent en venir à bout. Comme par exemple quand l’essence gèle dans le réservoir, ils n’ont pas peur d’utiliser un chalumeau a même le moteur pour dégeler tout ça. Etre nomade en Mongolie, c’est juste une affaire de « cojones« .

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Ce qu’il faut que tu saches aussi, c’est que principe
de base de la survie dans la yourte (il sent le vécu celui là) : ne jamais, jamais, jamais laisser
s’éteindre le feu du poêle… surtout la nuit, si tu ne veux pas mourir de froid, et finir tout raide comme ce bon vieux Jack Dawson (Oui celui de Titanic bien suuuur, Vive les années 90 !!!). Bref la nuit par -35 degrés, se retrouver tous feux éteints avec une espérance de vie inférieure a 15 minutes, c’est pas cooooool…Tu es bien content d’avoir un Jagaar sous là main, prêt à te raviver tout ça en « cinq – cinq-deux deux » comme dirait l’autre !! Forcé de constater qu’on ne devient pas un nomade aguerrit en un claquement de phalange.

Si toi, le matin, tu as le temps de zoner tranquille devant Gully en mangeant tes froosties avant de partir au boulot, dans les steppes, la journée commence dès le premier rayonnement solaire et démarre sur les chapeaux de roues. Ne soit pas étonné, aussi tôt soit il, de trouver tes hôtes en pleine vaccination des moutons. Oui oui rien que ça ! C’est peut être vite dit comme ça, mais c’est relativement sportif. Parce qu’il faut les choper les bestiaux et aussi bêtes soient ils, ils ne se laissent pas faire si facilement. Antoine (oui car c’est un boulot d’homme !) a eu l’occasion de courser quelques caprinés, de bon matin sous les encouragements et les rires de Jagaar et Moogee. Le chef du camp est visiblement ravie de sa nouvelle recrue.

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Dans une version plus bucolique, tu auras l’occasion de faire des balades à cheval dans les steppes mais aussi de te balader sur les crêtes pour observer la faune et la flore locale. Si tu es un petit chanceux, tu peux aussi t’adonner au ramassage de crottes séchées destinées à l’approvisionnement du poêle dans les  yourtes. Le tout équipé de toute la panoplie du ramasseur professionnel de crottes séchées, avec le dell traditionnel… les mains dans le caca mais toujours stylé, c’est question de principe.

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Ou encore t’adonner a la collecte de la neige. Il faudra te trouver un petit spot de neige vierge et immaculée, la mettre dans des gros sac en toile de jute et la ramener au camp où Huurnah la fait ensuite bouillir pour qu’elle soit propre à la consommation. Pas d’eau potable au robinet dans la yourte (et pas de robinet non plus d’ailleurs), tu t’en doutes, on fait avec ce que Dame Nature nous donne.

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On a beaucoup aimé ce coté « vivre avec l’essentiel »: amour, eau gelée… et sang frais … N’oublions pas qu’en temps que carnivores invétérés, ils s’adonnent forcément à des tâches moins « glamour » que la récolte de la neige fraichement tombée ou l’observation des chevaux sauvages à la jumelle… et ça aussi, crois moi, on y a eu droit !!

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Histoire qu’on ne perde rien de notre savoir anatomique acquis durant toutes nos belles années d’études, nous avons eu l’honneur, le privilège d’assister par deux fois à la mise à mort et en pièces, en bonne et due forme, d’un mouton et d’une vache…OUI OUI OUI !! Si tu es du genre à vite avoir la rétine qui palpite à la vue du sang, il vaudra mieux que tu t’abstiennes sur cette partie a haute teneur en hémoglobine.

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Si autant tuer un mouton est un fait si banal pour eux, que c’est le jeune Juurnah qui s’en charge seul, bête tuée et dépecée, affaire pliée en une demi heure a peine, l’exécution de la vache, reste pour nous, le moment le plus what the fuck de ce séjour.

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Une fois la bête abattue (avec le plus grand respect possible, je tiens à le préciser), elle est découpée à même le sol enneigé. Les mains de Jagaar et de son ami, spécialement dépêché pour l’occasion, ont la dextérité des bouchers les plus expérimentés. Les lames aiguisées des couteaux entaillent, tranchent et découpent. Les mains et les bras des hommes sont maculés de sang frais. En une heure à peine, l’animal n’est plus qu’un immense puzzle de chair encore fumante. Les morceaux de viande sont méticuleusement disposé sur une bâche de plastique étendue au sol…le froid et le gel n’ont plus qu’a oeuvrer.

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Le lendemain, la viande congelée sera mise à l’abri dans le conteneur « garde manger ».

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Pour ce qui est des viscères, de la peau et du reste, pas de problème, dans la steppe rien ne se perd, même pas les os… Les mongols s’en servent comme pièces de jeux. Les longues soirées de dans la yourtes sont toujours très animées par les sessions d’osselets endiablées. Les nomades sont de vrais enfants quand il s’agit de jeux de société, ils adorent ça !!

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Les idées reçues :

1 -Il ne faut pas croire que les nomades vivent totalement reclus. Même s’ils ne se rendent à la ville que très peu, ils ont tous des smart phones qui leur permet de rester en contact entre eux mais aussi avec leur famille. Egalement et plus surprenant, la yourte est équipée d’une télé. Imagine notre surprise quand le soir nous les observions suivre avec acidité leur série préférée ou encore la version mongole d’un « incroyable talent »… Moments improbables !

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2-Il ne faut pas croire que les nomades ne sont pas stylés, ils ont leur style bien a eux, un point c’est tout. Si autant ils donnent dans la sobriété au quotidien, les jours de fêtes ou de sorties en ville, ils se parent de leur plus beaux apparats. Tu trouves pas qu’on ressemble presque à des vrais ?

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3-Il ne faut pas croire que les nomades mangent tous les animaux.

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Venons-en à la partie qui t’intéresse le plus, petit gourmand que tu es : la cuiiiiisiiiine !!

Sache une chose, dans la steppe, même au milieu du rien plus immense, tu ne mourras pas de faim, bien au contraire… pour affronter le froid et les travaux au camp, il faut manger, manger, manger et c’est a peu près ce que nous avons eu l’impression de faire pendant quatre jours. Non pas que l’on se plaigne de la délicieuse cuisine de Huurnah, mais autant te dire qu’a la fin du séjour, on avait vraiment envie d’une petite parenthèse détox… du genre thé vert et pamplemousse pendant une semaine… Comme les nomades vivent en autarcie, les repas se composent principalement de plat à base de pâte, que Hurnaah et Sergelen confectionnent elles mêmes, de viande et de lait. L’occasion pour nous de gouter aux spécialités traditionnelles comme les buuz, les khuuchur, le orum mais aussi d’apprendre quelques rudiments de la cuisine mongole. Les nomades sont très attachés à leur gastronomie, ils aiment manger et le repas est toujours un moment de partage.

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Dur dur pour eux de concevoir la vie et leur assiette sans viande. Imagine toi leur tête quand nous avons tenté de leur expliquer qu’en France de plus en plus de personnes se tournent vers le véganisme… Ni viande, ni oeuf, ni poisson, ni cuir…rien de rien ne touchant à l’animal… concept plutôt difficile à avaler pour eux. « Mais si tu ne mange pas de viande mais tu meurs ! ».

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Un débat assez drôle qui se fini arrosé par une bonne lampée de vodka mongole. Un petit bol doré rempli a ras-bord nous est servi tour à tour jusqu’a que la bouteille soit vide… après  ça il est temps de jouer !!!

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Rentrer à UB après ce rendez vous en terre inconnue, nous a un peu chamboulé. Nous avons quitté le camps après la cérémonie d’offrandes à la nouvelle lune. Avant de partir, Jaagar a béni les roues du combi de Moogee pour nous assurer un bon retour vers UB.

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Retrouver l’effervescence d’une grande ville, la pollution, la circulation et le bruit après quatre jours de pureté, nous donne comme l’envie de faire demi tour. Une expérience inoubliable, et un point fort de notre périple jusque là. Sans elle, nous serions surement passé à côté de  notre aventure mongole.

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Un jour peut être, nous retrouverons Jaguar et Huurnah, Sergelen et Juurnah, au printemps quand ils auront migré plus au sud vers la rivière. Les nomades sont vraiment un peuple atypique. Ils ont cette joie de vivre, ce sourire, cette gentillesse, ce sens du partage et de l’hospitalité, malgré le peu de bien qu’ils possèdent. Cette vie en accord avec la nature, les animaux, les saisons, aussi difficile qu’elle puisse paraitre parfois, est un oasis de paix…c’est peut être la vision utopique de deux petits rêveurs se prenant pour des nomades mongoles, mais c’est l’empreinte que ces quatre jours au camp laissera sur nous…

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Ulan Baatar

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Nous avons quitté le pays des églises orthodoxes pour celui des monastères bouddhistes et des yourtes. Le dépaysement est incroyable. capture-decran-2017-01-07-a-14-59-57
Sauf pour le froid, lui il nous colle toujours aux bask’, et se veut de plus en plus mordant. Il nous cueille à la Gare centrale d’Oulan Bator par un petit -30° C (brrrrr !!! mais pourtant on descend vers le sud !! Où sont les cocotiers ??)… Nous, on débarque de Sibérie, et pourtant, comparé à la plupart des gens sur le quai, on dirait qu’on revient d’une expédition polaire au fin fond de l’Alaska, avec nos énormes manteaux et nos multi-couches d’habits… Eux, c’est tout juste s’ils portent un cache nez. Et dire qu’on flambait en se disant qu’on s’habituait au froid, maiiiiiis oui bien sur, rêve petit homme ! Ici c’est la Mongolie, c’est le froid des vrais mecs, le froid du froid où tout est plus froid que froid !

Il est 5h du matin quand notre train arrive à la gare d’Ulan Baatar, mais ça ne manque pourtant pas d’effervescence. La cafétéria de la gare est déjà bondée. Dès le matin, les conversation vont bon train (normal on est dans une gare !!), tout le monde parle déjà très très fort… Wahouuu, une minute les gars, dès le matin vous préférez pas une petite musique douce, histoire d’émerger doucement ? Et puis en plus on ne comprend vraiment mais vraiment pas un traitre mot…laisse tomber les racines latines sur la terre gelée, mon pti’, et oublie toutes les notions de grammaire et de vocabulaire connues, ça ne te servira à rien.

En Russie encore,p1050464 on pouvait espérer se perdre un peu dans la masse humaine, mais là, plus un seul minois à l’occidentale, hormis les nôtres. Les hommes ont des visages durs et la peau tannée, et semblent avoir vécu milles épreuves et bon nombres d’hivers rigoureux. Ce sont des gaillards charpentés aux mains de géants. Certains sont vêtus des fameux « deels ». Ce manteaux est issue de la plus pure tradition nomade, de magnifiques couleurs vives, tombant jusqu’aux mollets, fourrés de peaux de moutons et tenus par une ceinture large ceinture de tissu. Coiffés d’une sorte de chapka à la mode des steppes (semblable à la chapka russe mais de forme carrée) et portant de grosses bottes montantes jusqu’a mi-jambes tout aussi bien fourrées que l’ensemble. Les femmes quand à elles sont charnues et de petite taille.  Les enfants s’accrochent à leur jambes, tout emmaillotés dans de gros manteaux, bonnets et écharpes. On entrevoit que les deux petites perles noires, leur yeux, enserrés dans la petite fente que forme leurs paupières et leurs joues rougies par le vent glacé. Autcapture-decran-2017-01-07-a-15-42-30ant dire que nous détonnons au milieu de ce tableau. Cela nous vaut pas mal de regards en coin, à peine discrets. Encore une fois, ne compte pas sur les touristes, nous sommes les seuls, il n’y en a pas d’autre, ou alors les mongols les ont mangés. Ici c’est le pays des mangeurs de viande par kilos de douze, alors sait-on jamais… L’heure est d’ailleurs, à la dégustation carnassière du petit déjeuner. Je dis dégustation mais se serait plutôt un gobage dégoulinant de viande juteuse et grasse, toute bouche ouverte, histoire que tu ne rates rien du fabuleux mécanisme qu’est la mastication humaine … âmes sensibles s’abstenir…C’est le moment de parler des rots, des reniflages muqueux et des crachats ou tu préfère que j’attende un peu ? … ok, j’attends. Nous tentons timidement l’achat d’un Coca et d’un thé au comptoir. Ici visiblement, personne n’a jamais entendu parler du concept de file d’attente plus communément appelé « queue » par nous les occidentaux. Par contre je crois qu’ils cernent bien le principe de « loi de la jungle » ( ou de la steppe en l’occurence ). Sur le parvis de la gare, les chauffeurs de taxi sont aux aguets, le froid n’altère en rien leur gouaille, ils se rient de nous quand nous tentons de mettre un terme à leurs assauts en les remerciants poliment : « bayarla ! » Visiblement la prononciation est tellement bonne qu’ils en éclatent de rire ! Désolé les mecs, mais on fait ce qu’on peut avec ce qu’on a !! … Nous rejoignons l’auberge, à pied, les monstres sur le dos, dans le froid, mais sous le soleil levant. Les trottoirs sont recouverts de glaces, on est bien loin des immenses voies piétonnes de Moscou, salées et déneigées. A peine 30 minutes que nous foulons le sol mongol, que déjà, nous comprenons que ce pays n’a pas fini de nous surprendre et de nous mettre à l’épreuve.

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Premier sapin de Noel…

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Nous prenons nos quartiers dans le Zaya Hostel, une petite auberge de jeunesse très sympathique,  au allure d’auberge espagnole. L’accueil est sympathique et les chambres également… quand on a l’habitude du voyage en troisième classe transsibérienne, toute les chambres deviennent forcément d’immense suites dans nos têtes. En plus y a l’eau chaude !! Le gérant est super prévenant, et nous aidera à acheter la suite de nos billets dans certains moments de lassitude pour décrypter l’alphabet cyrillique ou pour trouver un guichet dans cet univers sans adresse. C’est ici, que nous recroiserons, Anne Céline, rencontrée sur le Lac Baîkal qui comme nous continue son périple en Mongolie. En tout cas, si tu sais pas quoi faire de ton week end et que tu décides d’aller à UB, voila ton lieu pour crécher.

Oulan Bator, la découverte d’une mégalopole mongole :

Ca on nous avait prévenu « Vous verrez Oulan Bator c’est très vilain et pollué », « Oulan Bator, ouais non sans grand intérêt c’est gris et ça pue ! », « Oulan quoi ? » … On s’était tellement préparé à une ville aussi répulsive qu’un tue mouche, p1050740qu’au final, on est plutôt agréablement surpris. Alors oui, c’est pollué, vraiment très pollué, on ne va pas te vendre de salade là où il  ne pousse que des pommes de terre. Oui, les buildings en construction fleurissent partout. On ne te parle pas de la circulation laborieuse, des embouteillages, des klaxons incessants ni du fait que tu risques ta peau à chaque fois que tu traverse une rue, ni du délabrement des voies. La ville abrite plus de 40 % de la population du pays, c’est un peu comme si Paris comptait 30 millions d’habitants !!!  Ce qui fait de la capitale mongole la deuxième ville la plus pollué du monde ! Amis écolo je te salue, moi je suis déjà à genoux en train de pleurer toutes les larmes de mon corps … Hormis tout cela, U-B (comme les mongols l’appelle) a quand même son petit charme … Excuse moi de faire preuve d’un peu d’optimisme. On aura l’occasion de visiter le Palais d’Hiver du Bogd Khan, petite résidence du dernier roi de Mongolie (et 8ème Bouddha vivant, bref un mec de la haute quoi,…), avec ses temples aux toits de pagodes enneigées, contrastant avec les buildings autours.

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Le musée national mongole jouxte la grande place centrale Gengis Khan, ou une belle statue de ce dernier, regarde, assis, en souriant le héros national Sukhbaatar qui a obtenu l’indépendance du pays en 1921. Petit défile militaire pour fêter ça d’ailleurs. Tout autour, les bâtiments sont assez austères, avec quelques couleurs pastels sur ambiance soviétique.

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On arpente les rues en se concentrant sur les plaques de verglas. Le marché Naran Tuul (marché ou entre autre on peut s’acheter une yourte, si t’as des projets immobiliers) sera hélas fermé, mais on compensera en se perdant dans des immeubles immenses remplis de petites échoppes de vêtements (des manteaux, des bottes, des manteaux, des chaussettes, des tenues traditionnelles, des manteaux…).

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Se repérer dans la ville est aussi une belle partie de rigolade, seule les grandes avenues ont des noms, elles découpent la ville en districts… Et pour le reste, tu te débrouilles, ils sont comme ça les mongols, ils ont autre chose a faire que de nommer les ruelles et les impasses avec des noms poétiques (ou des noms tout courts )…ils préfèrent manger de la viande ! yumi yumi !! (#lesprejugéssontdesortie)

Le mongol, ce dialecte atypique :

Lorsqu’on l’a attendu pour la première fois, on a cru écouter un hériter de Salazar Serpentard parler en Fourchelangue (au cas où tu ai dormi ces vingts dernières années, il s’agit d’une référence à Harry Potter). Tout en sifflements, surtout chez les femmes, et ponctués de sons gutturaux et de claquement de langue. Un zeste envoutante, on doit te l’avouer. Mais imprononçable pour nos voutes palatines et langues de petits français comme nous. On a juste appris les bases. « Sain bai nuu » (bonjour !). Ils ont un bonjour par saison, moi je trouve ça génial, imagine, je te croise dans la rue le 15 aout « bonjour et bon été mon ami ». « Bayarlaa », le merci mongol. « Bayartaï » au revoir. Désolé de te décevoir, si tu t’attendais à plus. Pour tout le reste, on a joué les mimes Marceaux. Ce qui n’est pas toujours évident et parfois très frustrant !

Une culture Gengiskanesque :

L’histoire de la Mongolie est vieille comme Hérode img_4668( si toi non plus tu ne l’as pas connue, dit toi que c’est trés très très très … très vieux) et sanglante comme une fémorale tranchée mouhahahaha ! Pour la faire courte le conquérant mongol, héros de la nation, Gengis Khan, a de quoi renvoyer Alexandre le grand et ce bon vieux Bonaparte jouer dans leurs bacs à sable… A lui seul ( et surement quelques centaines de milliers de soldats) il a conquit un immense territoire allant de la Chine jusqu’a l’Autriche. Et ils en sont pas peu fiers… Ce qui lui a value une gloire éternelle et une immense statue sur la place principale de U-B. Et accessoirement de figurer sur tout un tas de T-shirts, tasses et produits dérivés. C’est la grande star nationale, Johnny en mode sanguinaire, présidant sur la grande place centrale de la capitale. Sacré Gengis.

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Le Nadaam, ( non non ça ne se mange pas ), on ne pourrait pas te parler de la culture mongole sans faire une parenthèse pour cette grande fête nationale, plus qu’attendue, et qui met le pays en émois. Tous les ans, en juillet (du coup, on n’y était pas), le Nadaam déchaine les passions. C’est un grand événement sportif haut en couleur avec de multiples épreuves : lutte, tir à l’arc et la course de chevaux (Nadaam signifie: les trois épreuves viriles). Les femmes peuvent uniquement participer aux tirs à l’arc. La course des chevaux, est disputée par des enfants de 5 à 13 ans… Les petits font leur premières armes à dos de chevaux, leur père leur fabriquent eux même leur première selle. De minuscules et mignons petits sièges de bois, ornés de gravures. Tous les garçons de Mongolie y ont participé dans leur enfance, un véritable rite initiatique pour devenir le parfait mongol, fier et valeureux. A la fin des festivités les grands gagnants se voient louer une gloire non modérée. Bat-Erdene (à tes souhaits ) a gagné 11 Nadaam d’affilé, ce qui lui a valu une reconnaissance éternelle et le modeste sobriquet « le titan » !!! Cette popularité l’a même mené a son élection à un haut poste politique… un peu comme si Swarzenegger devenait gouverneur de Californie ! Tu vois le délire.

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De vraies stars, ces athlètes !!!

 

Etre bouddhiste en Mongolie :

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La religion dominante est le bouddhisme qui rassemble 80% d’adeptes. 10% de la population est athée et malgré ces pourcentages plus qu’écrasant c’est ici que nous avons vu notre premier sapin et entendu nos premiers chant de Noël… Si ça, ce n’est pas exotique, je ne m’y connais pas ! Oulan Bator en abrite un des plus beaux et des plus fameux de toute la Mongolie. Avant d’y pénétrer, il te faudra affronter les hordes de pigeons poster devant la porte principale. « The birds » le come back !!!

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Passées les grandes portes de bois, on se croirait presque au Tibet… Le silence se fait. Des photos du Daila Lama accompagnent notre visite un peu partout, pendant que nous observons les moines de tout âge, vaquer à leurs occupations. Les moulins de prières virent et revirent dans l’élan d’une caresse religieuse. Les fumées d’encens s’élèvent, laissant trainer leur odeur derrières elles.

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Les moines se pressent, soulèvent les lourdes couvertures faisant office de porte avant de disparaitre à l’intérieur du temple. Les plus jeunes d’entre eux ne doivent pas avoir plus de 8 ans. Lorsque nous pénétrons dans l’antre bouddhiste, où les poêles à bois réchauffent l’atmosphère pieux du lieu, ils nous lancent des regards amusés. Visiblement, en voyant nos drôles de têtes, le recueillement et la méditation deviennent secondaire. Ils continuent à nous regarder en rigolant, pendant que leurs ainés continuent a faire résonner les mantras d’une manière mélodieuse, monocorde et envoutante. Les volutes d’encens rajoutent au mysticisme de l’ambiance.

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Au font de l’immense cour, un édifice plus haut que tous les autres, à l’ornement modeste, s’élève…il est difficile d’imaginer qu’il abrite un bouddha de plus de 18 mètres de haut, tout en dorures. Le spectacle inattendu !!

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Et la petite photo de groupe… On a essayé l’incrust, mais on s’est fait reperé… Je sais pas pourquoi. 

La gastronomie des carnivores…Ici, c’est simple, si tu ne mange pas de viande, tu risque de mourir d’une mort lente et douloureuse : LA VIANDE, LA VIANDE ET LA VIANDE ENCORE déclinée sous toutes les formes !!! Il ne fait pas bon être un mouton, une vache, un boeuf ou tout autre animal assez gros pour pouvoir servir de quatre heure !!! Après savants calculs nous en avons conclut qu’il y avait environ 13 têtes de bétail (toutes races confondues) pour seulement un habitant !! YUMMI YUMMI !!! Planquez vous les cornus!! Niveau découvertes culinaires nous avons été gâtés … dans tous les sens du termes, les plus évidents comme les plus improbables et surprenants. Bienvenue dans l’entre de la beyyyyyyteuh !!capture-decran-2017-01-07-a-14-51-33

Les Buuz, tout d’abord, très populaires, se trouvent à peu prés partout où il y a des bouches à nourrir. Ce sont des  sortes de raviolis fourrées à la viande de mouton (généralement) et cuits à la vapeur ou dans un bouillon.

Les khurshuurs, chaussons fourrés, devine à quoi ? … à la viande de mouton ( pour changer ) et fris à la graisse de lait ( celluliiiite te voiiiilàà !!!)

Mais aussi viande en steak, viande froide, viande sechées, viande bouillie, viande matin, midi et soir… On était assez étonné de ne pas en trouver dans les desserts.

Tout bon mongol qui se respecte, prônera les valeurs nutritionnelles du lait, tu le sais bien… « les produits laitiers sont nos amis pour la vie »… et c’est au combiiien vérifiable ici !! Tous les pis sont bons à traire : vaches, juments, chèvres, toutes lescapture-decran-2017-01-07-a-14-58-47mamelles sont les biens venues…On s’est même risqué à tremper nos lèvres dans du lait de chameau…Très amer et très imbuvable pour nos papilles de non initiés !!! Une expérience à vivre au moins une fois dans sa vie !! Avec le lait, de nombreuses spécialités sont réalisées. Le lait de jument fermenté, donne un très fameux spiritueux appelé Airag. La crème du lait, grasse à souhait est utilisée pour réaliser des petites friandises dures et sucrées, les hoormogs. Mais aussi du orum sorte de pâte à tartiner crémeuse que l’on étale sur du pain !! Ton corps te remerciera pour ça !!! Le Süütei tsai est le thé traditionnel : mélange de lait et de thé noir et salé, un vrai régal !!!!  Ce thé, bien plus riche que ce bon vieux earl grey, est servi à toute heure de la journée, toujours accompagné de « boorsogs » (petits gâteaux à base de pâte frit) et de biscuits secs.

Niveau légumes c’est pas fou, fou, hein !! Tu t’en doute bien !! On trouve quelques pommes de terre, des carottes et surtout du chou, mais on doit bien l’avouer ils en font des soupes délicieuses…dans lesquelles tu ne manqueras pas de retrouver quelques morceaux de barbaque bien entendu !!

Pour bien finir le repas et faire descendre tout cela… quelques shots de vodka mongole t’aiderons surement…et rendrons ton endormissement beaucoup plus facile !!! Tu tomberas comme une grosse pierre, on te le garanti !! Ensuite, il sera temps de continuer le périple vers la Mongolie plus sauvage car on au prochain épisode, on t’emmènes dans les steppes !!!

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